Certaines périodes de l’histoire restent gravées dans la mémoire collective.

Quand nos petits-enfants nous demanderont ce que nous avons fait durant cette crise, nous pourrons leur répondre, avec fierté et honnêteté, que la cardiologie s’est adaptée pour protéger les personnes fragiles et sauver des vies. Nous avons appliqué les gestes barrières, le principe de distanciation sociale, téléconsulté, assuré les urgences, etc. Pour protéger des vies, notre activité en période de confinement a baissé en moyenne de 70%.

Le futur portera un jugement sur cette période :

  • d’un côté, les manquements : la pénurie de masques, de dépistage, la complication des maladies chroniques non prises en charge à temps, des structures étatiques contre-productives, une asymétrie de recours entre le privé et le public, etc.
  • de l’autre, un pays capable en peu de temps de tripler sa capacité de lits de réanimation, de transférer des patients dans la France entière, d’assouplir les modalités de téléconsultation, d’obtenir l’autorisation d’étude clinique en 48h. Un peuple solidaire envers ses soignants. Des médecins capables du jour au lendemain de s’adapter à la crise et de changer complétement leur pratique pour la sécurité et la santé de la population.

Actuellement, les temps sont durs pour nombre d’entre nous : diminution de nos revenus, reprise partielle de l’activité cardiologique et ce pendant plusieurs mois, et pour certains la maladie, les drames personnels et familiaux…

Il y aura un avant et un après Covid.

Peut-être ne serrerons-nous plus la main de nos patients… Ce qui est très probable c’est que nous allons assister à une refonte de notre système de soins : remplacement des agences administratives défectueuses, départ précipité des médecins retraités en cumul emploi retraite (environ 15 % des libéraux), etc. Nous allons avoir des choix difficiles à faire pour nos cabinets.

Durant le confinement, c’est environ 1 million de patients non vus par la cardiologie libérale, autant de patients à voir rapidement dès la sortie du confinement malgré des agendas toujours aussi chargés.

La sortie du confinement nous impose de réfléchir, de nous réinventer. Comment mieux organiser nos cabinets, diminuer les délais de RDV, utiliser la télémédecine, améliorer le parcours de soins et la prévention ?

Quels patients nécessitent vraiment d’être pris en charge par un cardiologue ?

Après vous avoir accompagnés au plus près avec la création dans l’urgence de fiches de gestion et d’organisation du cabinet, l’organisation de formations par visioconférence et l’interpellation quasi quotidienne des pouvoirs publics, le Syndicat national sera au rendez-vous pour relever le défi de la modernisation de notre profession.

Car si le futur nous regarde… nous n’avons pas peur de le regarder et de le construire.

Docteur Marc Villaceque
Président du Syndicat National des Cardiologues