Quels que soient la gravité et le problème de santé publique, l’État trouve toujours une seule et même solution : l’hôpital. Que faut-il faire ou dire pour que l’État reconnaisse, considère et prenne en compte le travail de la cardiologie libérale ?
Dès le début du confinement lié à l’épidémie du COVID-19, la cardiologie libérale s’est réorganisée, pour adapter son fonctionnement sur tout le territoire et répondre aux besoins de santé impératifs de tous les patients. En appliquant le principe de distanciation sociale pour éviter la transmission de la maladie, elle n’a pas hésité à reporter toutes ces consultations non urgentes, même dans les territoires moins touchés. Nous sommes bien sûr au service de la population, mais comment peut-on comprendre et accepter, alors que toutes les entreprises ont accès à des aides publiques, qu’aucune aide n’ait été actée pour les médecins libéraux : nous continuons à prendre en charge nos concitoyens âgés et (ou) fragiles sans protection et à perte, alors que d’autres professions exercent leur droit de retrait….
Malgré cette réalité, la quasi-totalité des cabinets de cardiologie reste ouverte pour prendre en charge les urgences et les patients chroniques qui le nécessitent. D’autres confrères se regroupent pour assurer une permanence et la veille sanitaire. Dans plusieurs régions, les listes des permanences cardiologiques ont été transmises aux SAMU et aux ARS.

SOMMAIRE


2020


2019


2018


2017


2016


2015

Toutes les mesures de protections possibles ont été mises en œuvre dans les cabinets pour éviter la contamination. Néanmoins, nous constatons et déplorons vivement partout dans le pays, malgré nos alertes quotidiennes auprès de l’État, la pénurie persistante et incompréhensible de masques. Néanmoins, la cardiologie libérale française, qui a l’habitude de faire face aux urgences cardiologiques 24h sur 24h, continuera à prendre en charge tous les patients rapidement, quel que soit le degré de l’épidémie.
En Alsace, les cardiologues travaillent tous les jours de façon admirable dans des conditions très difficiles au contact rapproché du virus, sans avoir les moyens de protection qu’il faudrait. Nous sommes fiers et reconnaissants de leur dévouement et de leur abnégation.
Chers amis cardiologues libéraux, comme malheureusement tous les autres médecins libéraux, nous sommes bien seuls et oubliés des pouvoirs publics, face à cette crise. L’heure n’est pas à la division, à la critique, au pugilat, mais au contraire à la cohésion, à l’union, à l’entraide, à la solidarité, au soutien de nos confrères en difficultés. N’hésitez pas à vous organiser avec d’autres cabinets, à tester la téléconsultation, la télésurveillance, la téléexpertise. Soyons ingénieux et créatifs, et partageons nos idées. C’est dans ce sens que le syndicat organise tous les jours des réunions sur le Covid, la téléconsulation, les finances du cabinet.
Si nous devons sortir de cette crise sanitaire, économique et politique ce ne sera qu’ensemble que nous y arriverons.
Protégez vos patients, votre personnel, vos proches et vous-mêmes. Soyons solidaires.

Docteur Marc Villaceque
Président du Syndicat National des Cardiologues